VISION SANTE

Tramadol, médicament et « drogue » du pauvre en Afrique de l’Ouest !

 L’image de l’Afrique de l’Ouest comme zone de transit de drogues, contribuant à enrichir de multiples acteurs, est largement répandue. Depuis plusieurs années, se développe une consommation locale de plus en plus importante, tirée à la fois par l’émergence d’une classe moyenne et une politique de l’offre des mafias  nigérianes principalement dans la région. Cette consommation de stupéfiants importés et de leurs dérivés ainsi que certains médicaments constitue un enjeu croissant  dans la sous région avec à une forte  consommation  du Tramadol. Explications ……

Le tramadol est un analgésique central de palier à double mécanisme d’action comme¨ effet opioïde dû à la fixation sur les récepteurs opioïdes de type u ; métabolisme hépatique par le cytochrome. L’effet monoaminergique par inhibition de la recapture de sérotonine et noradrénaline ; actif sur les douleurs neuropathiques et il est d’ élimination rénale. Plusieurs saisies témoignent de l’importance de la circulation du Tramadol en Afrique de l’Ouest ces dernières années. Entre février et octobre 2012, 24 conteneurs transportant près de 130 tonnes de ce produit ont été interceptés au Bénin, au Ghana, au Togo et  au Sénégal. Mais quelques années plus tard, en janvier 2016, la police nigérienne découvre 7 millions de comprimés. Une particularité des comprimés saisis en Afrique de l’ouest est leur dosage. Loin des 50 milligrammes habituels dans les pharmacies, les emballages à l’iconographie évoquant la force, la vitalité, ou la vigueur mentionnent 100 ; 200 voir 250 milligrammes de substance active. Le tramadol inhibant la recapture de sérotonine, un syndrome sérotoninergique peut survenir lors de son utilisation en association avec d’autres médicaments sérotoninergiques tels que les ISRS ou les IMAO. Le syndrome sérotoninergique se manifeste par au moins 3 des signes suivants : psychiques (agitation, confusion), végétatifs (hypo ou hypertension, tachycardie, hyperthermie, frissons), moteurs (myoclonies, tremblements, rigidité), digestifs (diarrhées). L’arrêt des médicaments sérotoninergiques permet habituellement d’obtenir une amélioration rapide de l’état général . Le tramadol peut entraîner une dépendance comme tout antalgique opioïde. La puissance du tramadol serait 1/6 à 1/10 de celle de la morphine avec ses effets indésirables comme Nausées, vomissements,Somnolence, céphalées, vertiges, hypersudation, sensation de malaiseSécheresse buccale,Constipation, douleurs abdominalesrisque de convulsions surtout si doses élevées qui peut entrainer une prise en charge et des troubles neuropsychiques à type de confusion, hallucinations, délire etrisque de dépendance et unedépression respiratoire (antidote = Naloxone).

Autre que le fractionnement à des fins de dosage prescrits, les comprimés Tramadol doivent être avalés entiers. Le fait de couper, briser, écraser, mâcher ou dissoudre le Tramadol dans son ensemble ou divisé par deux peut entraîner des événements indésirables dangereux, y compris la mort car une mauvaise utilisation prolongée de Tramadol   comme une mère au cours sa grossesse peut entraîner un syndrome de sevrage aux opioïdes chez le nouveau-né, une affection qui peut être potentiellement mortelle.Il n’existe pas de données fiables sur la consommation de drogues en Afrique de l’Ouest. Cependant, on estime que l’usage abusif de Tramadol a fortement augmenté dans la sous-région particulièrement au Sénégal.

La plupart du temps, ce Tramadol vient d’Inde, pays qui a développé une industrie pharmaceutique importante au moment de la reconnaissance légale des médicaments génériques dans les années 1970 et qui est un acteur mondial majeur pour les médicaments contrefaits. Au milieu des années 2000 par exemple, l’Inde comptait 20 000 producteurs de médicaments, la plupart de petite taille et spécialisés dans les génériques, et environ 800 000 distributeurs. L’Inde n’est cependant pas le seul pays producteur. Selon l’Organe international de contrôle des stupéfiants, ce Tramadol viendrait aussi de Chine. De même, des soupçons existent sur une production locale au Nigerian. Soyons vigilants et faisons confiance à nos pharmaciens !

Modou Mamoune TALL

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